A partir d’aujourd’hui, la planète vit à crédit

Comment sensibiliser le public aux enjeux environnementaux cruciaux sans passer pour l’éternel rabat-joie de service ? C’est la question que je me pose quotidiennement sans pour autant être un militant écologiste. L’une des solutions : simplifier la complexité des problèmes en diffusant un message de communication global et percutant.

C’est le but du “Jour du dépassement” (Earth Overshoot Day), qui tombe cette année ce mardi 27 septembre. Calculé tous les ans par l’ONG Global Footprint Network, il a pour but de déterminer le moment où l’humanité vit à crédit, après avoir consommé la quantité de ressources naturelles que la nature peut produire en une année.

“Il aura fallu neuf mois pour épuiser le budget écologique de l’année 2011. Si vous dépensez votre budget annuel en neuf mois, vous allez probablement être extrêmement inquiet : la situation n’est pas moins grave quand il s’agit de notre budget écologique", alerte le président de l’ONG, Mathis Wackernagel. Pour inverser la tendance, il n’y a qu’une solution, selon l’écologiste : “Arriver à ce que la population mondiale commence à décroître. Les gens pensent que ce serait terrible. Pour nous ce serait en fait un avantage économique. C’est un choix mais on n’en veut pas encore.”

En 1960, la planète consommait seulement la moitié de ses ressources. A partir de 1987 - date à laquelle a été publié le rapport Brundtland sur le développement durable - le rapport entre la consommation mondiale et la biocapacité s’est inversé et ne cesse de se réduire depuis. Les hommes consomment aujourd’hui 50 % de ressources naturelles de plus qu’il y a trente ans, avec environ 60 milliards de tonnes de matières premières par an, d’après un rapport des Amis de la Terre.

En 2000, le Jour du dépassement avait été fixé en novembre, soit plus d’un mois plus tard que cette année. Mais on ne peut pour autant pas en conclure que notre consommation a à ce point augmenté en 11 ans, a expliqué Mathis Wackernagel. “C’est juste qu’en 2010, on a révisé toutes nos données et on s’est rendu compte que jusqu’ici, on avait surestimé la productivité des forêts et des pâturages : en clair, on avait exagéré la capacité de la Terre à se régénérer et à absorber nos excès.”

Si ce message se révèle plutôt efficace, il pose toutefois la question de la méthode de calcul pour parvenir à un jour si précis, en englobant des problèmes aussi divers que la destruction des forêts primaires, la fonte des glaciers ou le déclin de la biodiversité. La solution, selon l’ONG, réside dans la notion d’"hectare global". Cette unité, qui sert aussi de base à la définition d’empreinte écologique, représente la biocapacité d’un hectare moyen, à savoir un hectare avec une capacité de production de ressources et d’absorption de déchets correspondant à la moyenne mondiale.

Comme elle l’explique, l’ONG utilise plus de 5 400 données de 200 pays, mises à jour chaque année et provenant d’organismes internationaux reconnus (FAO, division des statistiques de l’Onu, GIEC ou encore Agence internationale de l’énergie).

Et vous, que pensez-vous de cette façon de communiquer sur l’environnement ? Est-ce que ce genre de messages vous interpelle et vous fait réfléchir ou au contraire vous agace de par la simplification des problèmes qu’il entraîne ?

Le débat est ouvert !

Permalien 27.09.11 09:13:38, par didier Email , 583 mots, Catégories: Dernières Nouvelles , Laisser un commentaire »Envoyer un trackaback »

Que veut réellement dire Aimer?

Que veut réellement dire Aimer?

On ne peut pas aimer quelqu’un, c’est une fantaisie. On ne peut pas aimer. Aimer est ce qui est essentiel, ce n’est pas quelque chose que l’on puisse faire ou non. Quand on arrête de faire, il reste l’amour.

Généralement, on aime quelqu’un s’il correspond à notre fantaisie. Si la personne que vous aimez se met à faire ceci ou cela, soudain vous ne l’aimez plus. Un amour qui commence et qui finit, ce n’est pas de l’amour.

Aimer, c’est écouter, être présent. Vous aimez vos enfants dans le sens où vous ne demandez rien à vos enfants; vous donnez tout.

L’ego ne peut pas aimer. Il utilise, il prend, il se sécurise.

Ce que j’aime, c’est ce qui est présent, ce qui est devant moi – il n’y a rien d’autre. Si je n’ai pas l’idéologie que la beauté est là-bas, que la sagesse est là-bas, que pourrait-il y avoir de plus beau, de plus extraordinaire que ce qui se présente à moi dans l’instant ?

L’amour est ce qui est quand on cesse de prétendre aimer quelqu’un. Aimer quelqu’un, vouloir être aimé, c’est une histoire. Que veut dire être aimé ? Personne ne vous aime, personne ne vous aimera jamais, personne ne vous a jamais aimé – et c’est merveilleux comme ça ! Les gens peuvent uniquement prétendre : si vous correspondez à leurs critères psychologiques, physiques, affectifs, ils vous aiment ; si vous correspondez à l’inverse, ils vous détestent. Et alors ? … Qu’est-ce que cela peut faire que quelqu’un projette sur moi quelque chose d’attirant ou de repoussant ? C’est complètement fantasmatique.

À un moment donné, vous vous rendez compte que vous n’avez pas besoin d’aimer ni d’être aimé. Que reste-t-il alors ? Il reste le sentiment d’amour, cette communion qu’on a avec tous les êtres. Vous voyez que personne ne vous a jamais aimé, que personne ne vous aimera jamais et que tout va très bien. Vous réalisez que c’est à vous d’aimer. Ce qui vous rend heureux, c’est d’aimer… Quand j’aime mon corps, mon psychisme, mon environnement, il y a tranquillité. Mais vouloir être aimé est un concept !

Quand vous aimez, vous n’aimez pas quelqu’un, vous aimez tout court. La personne avec laquelle vous vivez, couchez, allez au cinéma, c’est autre chose. Vous ne pouvez pas coucher, habiter avec tout le monde. Une sélection organique se fait, mais l’amour ne se situe pas là… C’est purement chimique. Selon ce à quoi ressemblait votre père, votre grand-père, selon qu’à trois ans vous avez été battu ou caressé… Ce n’est pas parce que vous ne vivez pas avec une femme, que vous l’aimez moins qu’une autre avec qui vous vivez.

Vous vivez avec quelqu’un fonctionnellement, avec tout le respect, l’écoute que cela implique ; mais vous n’êtes pas obligé de croire que vos enfants sont vos enfants, que vos parents sont vos parents, ni que votre mari est votre mari. Ils le sont, bien sûr, occasionnellement.

L’amour, on n’en a surtout pas besoin. Le besoin d’être aimé, c’est comme le besoin d’avoir une voiture de sport rouge… C’est une fantaisie. C’est vous qui aimez : vous aimez ce que vous rencontrez. Quand vous êtes avec un ami, vous l’aimez totalement. Là il y a une satisfaction profonde. Mais si j’ai besoin que cette personne m’aime, je passe ma vie dans la misère…

Aimer c’est écouter. Vous êtes en face d’une situation, avec un homme : vous l’écoutez. Écouter ce qu’il est, pas ce qu’il prétend être. Écouter profondément, sans commentaire. Quand vous écoutez, vos enfants sont parfaits, votre mari est parfait, vos parents sont parfaits, votre corps est parfait, votre psychisme est parfait ; telle est la vision claire qui vient avec l’écoute. Lorsque je pense que mes enfants, mon mari, mon corps doivent changer, c’est que je n’écoute pas ; je parle, j’ai une idéologie de ce qui est juste ou pas. Je veux que les autres soient comme je décide qu’ils devraient être. Ce fascisme psychologique n’a pas de sens.

Dans ce sens là, aimer c’est respecter. Je respecte mon environnement, mon enfant – dans tout ce qu’il fait, même s’il se détruit, mon mari, mon père, la société et toutes les violences que j’ai subies ; je respecte ce qui est là. Cela ne justifie rien, je n’ai rien à justifier. La vie n’a pas à être justifiée, elle est ce qu’elle est. Voir clairement ce qui est là, c’est-à-dire voir que mes parents, mon mari, mes enfants, mon corps, mon psychisme ne peuvent pas être d’un millimètre différents de ce qu’ils sont. Je fais face à la réalité, non pas à ce que la réalité devrait être selon ma fantaisie intellectuelle. Le voisin est exactement comme il doit être, il ne peut pas être autrement. Quand je vous clairement comment fonctionne mon voisin, j’ai de bons rapports de voisinage. Je ne suis pas forcé de participer à la vie communautaire, mais je ne peux plus avoir en moi la moindre critique à l’égard de mon voisin. Quand il bat sa femme, je comprends profondément que c’est la souffrance terrible où il est qui l’amène à battre sa femme. Cela ne m’empêche pas, dans certains cas, d’appeler la police ou d’intervenir…

Dans une absence totale de critique, il y a place pour une compréhension envers la situation. J’appelle cela respect. Certains l’appellent amour… Laisser les gens libres ; les gens m’aiment, les gens ne m’aiment pas – c’est merveilleux ainsi. Avoir besoin d’être aimé, c’est le fruit d’une époque décadente.

Il faut aimer. J’aime mon mari, qu’il m’aime ou qu’il ne m’aime pas… Quand je dis ne pas aimer quelqu’un, je nie l’amour qui est en moi, alors je souffre. Lorsque mon mari ne m’aime pas, c’est qu’il souffre, donc je dois l’aimer encore plus. Mais s’il m’aime, il a de la chance, il est heureux.

Avoir besoin d’être aimé est une forme de maladie très intense. Au niveau somatique, c’est terrible, comme la jalousie : cela détruit vraiment le système hormonal, cellulaire. Ce besoin d’amour est un poison. Le remède, c’est d’aimer.

Il ne faut pas trouver cela déprimant ; c’est le contraire. C’est merveilleux d’aimer, d’être totalement attentif à quelqu’un, comme avec un enfant… On aime l’enfant comme il est maintenant, à chaque instant… c’est complètement gratuit… sans jamais rien demander…

Si un jour, par la nature de la vie, il y a séparation d’avec la personne qui a vécu dix ans avec vous, d’abord vous verrez que cet amour ne vous quitte pas et ensuite, si vous aimez profondément cette personne, il y aura une immense facilité pour vous de comprendre qu’elle a besoin de rencontrer quelqu’un d’autre – et, éventuellement, vous aussi.

Plus vous vous familiarisez avec l’attitude de tout donner et de ne rien demander, plus vos relations affectives deviennent simples, faciles, harmonieuses. Dès l’instant où vous demandez la moindre chose, il y a amertume, déception, regrets, hésitation, agitation, conflit.

Cela se transpose à tous les niveaux : tant que j’attends la moindre chose de mon corps, je vais être déçu. Tant que j’exige, que je demande, j’aurai problème, conflit, je vais vouloir, je vais être constamment vaincu par le corps. Jusqu’au moment où je me rends compte que c’est le contraire, que c’est moi qui dois donner, aimer. J’aime mon corps comme il est, avec ses maladies, ses limites, ses faiblesses, ses accidents. Il y de très bonnes raisons pour être ainsi, il n’y a pas de hasard. Ce qui ne veut pas dire que cela ne va pas changer ; mais je me rends disponible pour que mon corps puisse s’exprimer, en tant que santé et en tant que maladie. Mais si je demande quelque chose à mon corps, je veux utiliser mon corps, c’est encore de la dictature d’imposer la santé – comme les gens qui imposent leur vision alimentaire, leur idée de la santé, du sport, etc. C’est une forme de violence. J’écoute mon corps, mon corps transmet ce dont il a besoin, il me suffit d’être disponible. À ce moment, on comprend ; on comprend pourquoi son mari ou sa femme agit comme cela, pourquoi son corps a telle ou telle faiblesse, on comprend que ce n’est pas une malédiction mais une nécessité. Chaque fois que mon corps a une faiblesse, je comprends que c’est un cadeau qui me permet de découvrir en moi une faiblesse autrement plus importante : la faiblesse mentale qui me pousse à croire que mon corps doit être sans faiblesse. La voilà ma faiblesse ! … si la faiblesse du corps me fait me sentir faible, c’est que j’ai besoin de faire face à ma faiblesse psychologique… Et la faiblesse de mon corps m’aide à m’interroger. Tout ce qui me touche est ce qui me mûrit.

L’amour dans le sens mondain, c’est l’absence d’amitié. C’est un échange de business : tu me donnes ceci, je fais cela ; je ne couche pas avec la voisine, tu ne couches pas avec le voisin, on est fidèles. L’amitié, c’est être disponible à tout ce qui est possible. On n’est pas obligé de savoir si on est l’amant, le mari, l’ami, le père, l’enfant; il y a un tas de rôles humainement possibles. Dans notre société, il faut tout savoir. Or, à un moment donné, on ne se situe plus en fonction de ces rôles; tout est souple et, si on rencontre quelqu’un, on n’a pas de rôle. Le rôle se crée dans l’instant.

C’est facile, les relations humaines, très facile : il suffit d’aimer ce que l’on rencontre.

Aimer, c’est donner de la liberté.

Là il ne peut plus y avoir de conflit psychologique, on ne peut pas se fâcher.

Si vous n’avez pas l’idée que vous aimez quelqu’un, vous n’avez pas forcément besoin non plus d’en changer tous les dix ans. Vous savez qu’avec une autre ce sera pareil – on rencontre uniquement sa propre problématique. On peut passer toute une vie sur un rapport merveilleux, à approfondir ce rapport : c’est un rapport d’amour, dans le sens où l’on aime profondément ce qui est là, un rapport sans demande. Sinon, il y a toujours déception…. La demande est un manque de respect. Dans mon accueil de ce qui se présente, le non-besoin s’épanouit et je réintègre mon axe supra-personnel.

Vendredi 4 mars 2011
Par milena

Extraits de la revue 3eme millénaire, hiver 2001, No 62
Thème: Affection, Compassion et Amour.

© 2011, Les Chroniques d’Arcturius.
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Quels sont les dangers de la scission de BHV ?

Lien: http://bruxelleshalvilvorde.be/

La scission tant de l’arrondissement judiciaire que de la circonscription électorale de BHV voulue par l’ensemble des partis flamands porte atteinte à l’unique espace où peut encore s’exercer la solidarité entre Bruxelles, la Wallonie et les francophones de Hal-Vilvorde.

Une telle scission isole davantage ces derniers et fragilise leurs droits fondamentaux, malgré que ces droits aient déjà été reconnus dans le cadre d’un compromis général comprenant notamment la délimitation actuelle des régions linguistiques.

En outre, comme l’avait relevé, dans une interview publiée dans le quotidien La Libre Belgique du 28 novembre 2009, le directeur du CRISP (Centre de recherche et d’information socio-politiques) Vincent de Correbyter : Si l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde est scindé, les nouvelles frontières intérieures de notre pays serviraient de base à la création des frontières d’État, si un jour la Belgique disparaît.

Si on finit avec cette double exception que constitue BHV sur le plan électoral et judiciaire, on verra toutes les frontières – administrative, judiciaire et électorale – coïncider. A ce moment, effectivement, la voie est ouverte à cette règle de droit international, dominante pour ce que j’en sais, selon laquelle en cas de scission d’un pays, les frontières intérieures reconnues servent de base aux nouvelles frontières extérieures des États qui résultent de la scission.

Le professeur de droit constitutionnel comparé à l’Université de Liège, Christian Behrendt, ne disait pas autre chose dans un article publié dans Le Soir, le 30 avril 2008, et intitulé « BHV est un diamant pur ; qui demande sa scission doit mettre le prix » :
« Qui peut exclure l’éclatement du pays dans les vingt ans à venir ?
Plaçons-nous au niveau du droit international public : comment sont fixées les frontières d’un nouvel État ? On applique généralement le principe de l’uti possidetis, ce qui veut dire « ce que tu as possédé par le passé, tu posséderas dans le futur ». En d’autres termes, une entité, lorsqu’elle devient indépendante, conserve le territoire qu’elle possédait auparavant.

BHV est non seulement un arrondissement électoral pour la Chambre, mais en est un aussi pour le Sénat et un pour le Parlement européen. Et à côté de ces « triplés de BHV, il y a un « cousin germain » : l’arrondissement judiciaire de Bruxelles. Vous avez là quatre techniques de « pont » qui enjambent la frontière linguistique(…).
Si les Francophones abandonnent ces quatre techniques de pont, il leur sera très difficile de prétendre, plus tard, que l’uti possidetis ne pourrait pas s’appliquer pour aligner d’éventuelles frontières d’État sur les frontières linguistiques - donc régionales.(…)

Scinder BHV, ce n’est pas seulement priver quelques milliers de francophones de la périphérie du droit de voter pour un parti francophone et de plaider les affaires civiles en français. BHV est au contraire le dernier élément juridique qui permettrait, le cas échéant, aux francophones de renégocier un tracé frontalier dans 10 ou 20 ans.

C’est donc un élément essentiel, pour ainsi dire un diamant pur, celui qui demande la scission de BHV doit donc être prêt de mettre de très sérieuses contreparties sur la table.

Et quand on voit avec quelle détermination les partis politiques flamands réclament davantage d’autonomie pour certains, l’indépendance pure et simple pour d’autres, les francophones ne peuvent en aucun cas prendre le moindre risque : Bruxelles, qui est actuellement entourée de communes flamandes, doit être désenclavée.

La Région bruxelloise doit pouvoir présenter un lien territorial avec la Wallonie et la seule solution dans ce cas est l’élargissement au moins aux six communes à facilités.

Rhode-Saint-Genèse – qui sépare la Wallonie (Waterloo) et Bruxelles (Uccle) sur à peine 3,5 km – constituerait le lien entre les deux régions.

Permalien 11.06.10 12:10:12, par didier Email , 659 mots, Catégories: A mon humble avis, Belgique, mon amour , Laisser un commentaire »Envoyer un trackaback »

Le drapeau du Tibet sur l’Everest

Le drapeau du Ti bet sur l’Everest
Francis Matthys

Mis en ligne le 17/05/2010 sur le site de la libre

“Free Tibet”, quatorzième “Caroline Baldwin”. Où l’héroïne d’André Taymans participe à une aventure – engagée – sur la montagne la plus haute.
En créant Caroline Baldwin, dont la première aventure, “Moon River", parut en 1996, André Taymans (Ottignies, 14 juillet 1967) ne se doutait pas qu’il se lançait dans une série aussi palpitante qu’émouvante : en paraît aujourd’hui le déjà quatorzième titre. Rapidement, cette jeune “privé” à la psychologie complexe retiendra l’attention du public et, constate le bourreau de travail qu’est son créateur, particulièrement celle de lectrices dont beaucoup ne sont pourtant pas spécialement consommatrices de bandes dessinées. Une héroïne intrépide et fragile - apparemment sans Dieu ni maître (ni maîtresse) - qui s’étoffe au fil des albums, forgée qu’elle est par les coups que la vie ne ménage pas.

Avec un visage qui rappelle celui de la Demi Moore d’il y a quelques années, miss Baldwin est une séduisante (plus que séductrice) sang-mêlé aux yeux verts, Canadienne d’origine indienne. Au cours d’une enquête (contée dans le cinquième titre, “Absurdia"), Caroline deviendra séropositive, ayant été accidentellement contaminée par le virus du sida. Dans cette collection écrite et mise en page par André Taymans (qui, simultanément, dessine des séries aussi différentes que “Lefranc", le reporter créé par Jacques Martin, et “Sibylline", la souris née de l’imagination de Raymond Macherot), l’auteur se montre soucieux d’évoquer des problèmes de société, des situations politiques, des drames humains : sa Caroline Baldwin ("à la vie privée chaotique") en sera tantôt le témoin, tantôt l’actrice.

Que conte le nouvel album de l’héroïne d’"Angel Rock", “Rendez-vous à Katmandou” et “Mortelle thérapie” ? Parce qu’il a été, parce qu’il reste plus que jamais un défenseur de la cause tibétaine, le dessinateur des “Filles d’Aphrodite” a voulu aborder ce douloureux sujet. Cependant, un travail strictement documentaire sur la problématique du Tibet n’a, semble-t-il, guère intéressé les éditeurs Aussi A.T. l’a-t-il intégrée dans un “Caroline Baldwin", veillant à ce que cela reste du “divertissement", avec relatif suspense.
L’histoire prend sa source à New York où, à Central Park, Caro retrouve une amie alpiniste québécoise,Roxane Leduc, qui s’est jurée, avec le concours de militants protibétains, d’aller déployer le drapeau du pays du dalaï-lama au sommet de l’Everest.
L’ojectif est de contrer la propagande chinoise qui s’intensifie à la veille des Jeux Olympiques de Beijing, en 2008 (on se souvient des incidents qui émaillèrent le passage de la flamme dans les rues de Paris A ce symbolique geste politique vont se mêler ici les services secrets canadiens). Avant de partir Roxane laisse à Caroline toutes les infos nécessaires pour la retrouver “au cas où”. Caroline apprend qu’un tueur est dans la cordée de son amie Roxane. Flanquée d’un agent des services spéciaux, elle s’envole pour Katmandou pour une course-poursuite riche en rebondissements. Les apparences sont quelques fois trompeuses. La suite est à lire au plus vite !

Free Tibet ("Caroline Baldwin” n° 14) André Taymans Casterman 48 pp. mises en couleurs par Bruno et Thierry Wesel, env. 10,40 €

La version reproduisant “Free Tibet” en crayonné, augmentée de deux courts récits inédits, est publiée par les Editions Flouzemaker, enrichie d’un CD qui comprend deux titres par Sylvering & Feel the Noïzz; fera l’objet d’un concert/dédicaces à la Fnac de City2 le 14 mai et de Liège, le 29 mai 2010. Tirage limité à 999 exemplaires.

Permalien 16.05.10 10:36:45, par didier Email , 651 mots, Catégories: Dernières Nouvelles, Entertainment , Laisser un commentaire »Envoyer un trackaback »

Qui est Manneken Pis

A deux pas de la Grand Place de Bruxelles, dans le quartier Saint-Jacques, à l’intersection de la rue de l’Etuve et la rue du Chêne trône sur sa colonne de 2 m de haut la figure emblématique de Bruxelles, connue pour sa posture toutefois naturelle mais polémique de petit garçon en train d’uriner. Le Petit Julien, de son nom bruxellois Manneken-Pis ou Menneke-Pis est une statue en bronze de 61 cm, fontaine de son état. On l’appela d’abord « Manneken-Pist » (Le môme qui pisse) ou « Juliaankensborre » (Fontaine du petit Julien).

Cette oeuvre témoigne de l’innocence du geste de l’enfant à se soulager d’un besoin naturel à la vue des passants. La statue ne représente pas un vrai petit garçon, mais bien un être imaginaire qu’on appelle un « Amour » à l’imitation des Putti pisciatori italiens. Le bambin joufflu a un corps gras, un torse bien musclé, ses jambes sont pliées : il se penche en arrière et tourne la tête vers sa gauche. L’alliance entre le visage d’angelot, les proportions enfantines et la musculature plutôt athlétique du Manneken-Pis viennent du fait que Bruxelles était dès le XIVème siècle un important centre de diffusion de l’iconographie de l’Enfant-Jésus, représenté nu et héroïque. Par ailleurs, le thème de l’enfant-fontaine s’inscrit dans la vague des fontaines anthropomorphes comme la femme-fontaine, qui fait jaillir l’eau de ses seins. Véritable ambassadeur de la Belgique et icône de Bruxelles à travers le monde, le Manneken-Pis surprend avant tout par sa petite taille, ce qui n’empêche en aucun cas les nuées de touristes- photographes de s’amasser à ses pieds.

Il existait déjà au même endroit une statue en pierre faisant office de fontaine et ayant aussi la forme d’un petit «amour urinant». La plus ancienne mention de cette fontaine (dénommée alors « ‘t Menneken Pist » : «le Gamin Pisse») a été retrouvée dans un texte de 1452 mais il n’y a pas de représentation disponible. Le Manneken-Pis était donc une des nombreuses fontaines qui alimentaient Bruxelles en eau potable.

manneken pis
C’est en 1619, le 13 août, que les autorités de la ville demandèrent à Jérôme Duquesnoy père, grand sculpteur bruxellois de l’époque (1570-1641) de réaliser cette statue en bronze. On le surnomme « l’Ancien » pour ne pas le confondre avec son fils également prénommé Jérôme qui fut aussi sculpteur à Bruxelles, à qui certains attribuent d’ailleurs la statuette. Accusé de pédophilie, ce fils sera mis à mort sur la place publique. Son autre fils, François Duquesnoy, fut également un sculpteur célèbre qui oeuvra beaucoup en Italie. Le tailleur de pierre Daniel Raessens fut choisi afin de concevoir une colonne de six pieds sur laquelle sera posée l’oeuvre de Duquesnoy.

A l’origine, la statuette n’était pas accolée au mur et pouvait donc être vue sous tous ses angles, ce qui explique que la sculpture est aussi bien travaillée tant de dos que de profil ou de face. Deux bassins furent ajoutés et, en 1770, une niche en pierre bleue vint compléter l’ensemble. La mise en valeur de la statue de Manneken-Pis placée dans un tout nouveau décor rococo confirme l’importance que celle-ci avait acquise pour les Bruxellois. La fontaine fut protégée par une grille incurvée qui permettait toujours un accès à l’eau. Cette grille fut remplacée par une nouvelle au XIXème siècle, qui empêche désormais tout accès à l’eau. En effet, à la moitié du XIXème siècle, la ville se dote d’un système de distribution d’eau à domicile et les fontaines et leur utilité disparaissent. Seul Manneken-Pis subsiste, symboliquement : la statue est classée par un arrêté le 16 octobre 1975. De nombreuses légendes urbaines sont apparues afin d’expliquer la nudité du « ketje » de Bruxelles bravant la morale judéo-chrétienne en vigueur depuis quelques siècles. Cette nudité offerte devint alors un acte de gloire, un geste de bravade ou encore la représentation d’un haut fait historique ou miraculeux. Ainsi la légende la plus répandue raconte qu’un riche bourgeois aurait perdu pendant cinq jours son jeune fils unique lors des festivités de la ville et l’aurait retrouvé urinant avec désinvolture au coin de la rue de l’Etuve. Reconnaissant, le père aurait alors financé la fontaine ornée d’une statue reproduisant la scène. Une autre légende évoque le sauvetage de la ville par un petit garçon qui aurait éteint à sa manière une mèche menant à des galeries souterraines remplies de poudre. Au XVIIIème siècle on racontait que le petit enfant d’un duc, amené sur un champ de bataille se soulagea et que les troupes galvanisées par cette scène remplie de quiétude remportèrent la victoire. Au XIXème siècle, on prétendait que le gamin représenté était le fils d’un comte parti à la première Croisade qui aurait fait pipi sur le trottoir au moment où la procession du Saint Sacrement passait dans la rue. La statuette répèterait alors ce geste frondeur. Une légende plus fantastique fait appel à l’ensorcellement d’un gamin surpris en plein acte sur la porte d’une sorcière. Condamné alors à répéter éternellement son geste, le gamin aurait apitoyé les Bruxellois qui l’auraient alors remplacé par une statuette de pierre. Ces légendes permirent aux Bruxellois de s’approprier la célèbre fontaine et d’en faire le symbole de leur ville et de leur état d’esprit. La statue de Manneken-Pis aujourd’hui à l’angle des rues du Chêne et de l’Etuve est la réplique exacte de celle qui a été commandée en 1619 et fondue à Bruxelles en 1630, elle a été réalisée en 1965. La statue d’origine est mise à l’abri dans le musée (La Maison du Roi) pour éviter qu’elle ne soit volée ou abîmée. En effet, victime de son succès, elle a connu de nombreuses mésaventures au cours des siècles. Ainsi, la première démolition de la statue, par un noctambule, date de 1628. En 1695 lorsque le Maréchal de Villeroy, sous les ordres de Louis XIV, assiège Bruxelles, Manneken-Pis est mis à l’abri par les habitants ; il retrouvera sa colonne juste après le terrible bombardement français. On fit graver alors sur son piédestal une inscription latine signifiant « Le Seigneur m’a élevé sur un socle de pierre et maintenant il élève ma tête au-dessus de mes ennemis ». Il fut dérobé d’abord par les soldats anglais (1745) retrouvé à Grammont, puis par des grenadiers français (1747) qui l’abandonnèrent à la porte d’un cabaret de Bruxelles. En guise de réparation, le roi de France Louis XV le dotera d’un costume de marquis et le fit « Chevalier de l’Ordre de Saint-Louis ». Cette nomination obligea les troupes à lui faire le salut militaire. Le vol le plus célèbre reste celui accompli par Antoine Lycas en 1817, dans la nuit du 4 au 5 octobre. Cet ancien forçat français fut condamné aux travaux forcés à perpétuité, à la flétrissure et à l’exposition publique. Retrouvé en mauvais état dans les remparts de Bruxelles, Manneken-Pis fut remis en place le jour de la Saint Nicolas, en 1818, à la grande joie des Bruxellois. Au cours du XXème siècle, le petit bourgeois de Bruxelles a encore connu de nombreuses péripéties : on peut y inclure les tentatives d’enlèvement (1951,1958) ; les mutilations plus ou moins sérieuses (1955, 1957, 1965 -il ne reste alors que les jambes-) ; les enlèvements par des étudiants (1963, 1968, 1978) mais le chérubin regagnera toujours son piédestal. Manneken-Pis fait partie intégrante de la vie de Bruxelles et avec l’Atomium et la Grand Place, il symbolise la capitale belge. Le plus ancien bourgeois de la ville est devenu un personnage fétiche : son petit air espiègle, coquin, fripon, symbolise parfaitement l’esprit frondeur et le sens de l’humour des Bruxellois, qui le revendiquent. Il est associé à toutes sortes de causes : d’Amnesty International à la Gay Pride. Chevalier de l’Ordre de Saint-Louis, Brigadier d’Honneur de divers régiments, le plus vieux citoyen de Bruxelles a reçu le titre envié de « Premier Ambassadeur du Patrimoine folklorique et culturel bruxellois » des mains du Président du Syndicat d’Initiative et de Promotion de Bruxelles. Les membres de l’Ordre des Amis de Manneken-Pis l’aident à remplir cette fonction prestigieuse. De nos jours encore, il s’associe régulièrement aux joies et aux peines de la ville. On l’habille d’ailleurs en conséquence : comme certaines statues religieuses et ce depuis le Moyen Âge, il est revêtu de costumes pour le moins éclectiques selon les occasions : costumes de gala, militaires, estudiantins, folkloriques, associatifs, de musiciens, de sportifs, de personnages célèbres, de légende ou réels (costumes du carnaval d’Alost, des arts martiaux traditionnels japonais, celui de Saint-Nicolas, Mickey, Spider-Man, les Schtroumpfs, Obélix, Dracula et le dernier, un costume traditionnel de Roumanie, janvier 2007…). Sa garde-robe compte aujourd’hui plus de 780 tenues que l’on peut admirer depuis fin 2005 dans un nouveau dressing, au Musée de la Ville de Bruxelles, situé dans la Maison du Roi, sur la Grand Place. Le don du premier costume au petit bourgeois est mentionné en 1698 : à l’occasion d’une grande fête donnée le 1er mai de cette année, Maximilien-Emmanuel de Bavière, gouverneur des Pays-Bas offrit un habit de couleur « bleu de Bavière » aux membres du serment des arquebusiers, à la statue de Saint-Christophe et à celle de Manneken-Pis. Le plus ancien conservé au musée est celui offert en 1747 par Louis XV pour excuser ses troupes qui avaient dérobé le petit bonhomme. Un habilleur officiel est chargé de parer le môme de ses habits traditionnels à date fixe, selon la fête, et ce, une trentaine de fois par an. Depuis 2005, il s’agit de Jean-Marc Ahne. La grande fête de Manneken-Pis se déroule les premiers jours de septembre, elle est organisée par l’Ordre des Amis de Manneken-Pis. Le Petit Julien est alors habillé d’un de ces nombreux costumes et arrose ses admirateurs. En effet, lors du changement de costume ou en cas de remise d’un nouvel habit, des festivités sont lancées. Un cortège part de l’Hôtel de Ville, rejoint la statue, entonne le chant qui lui est dédié et la fontaine se transforme alors en abreuvoir alcoolisé. Bière, vin et cidre peuvent sortir du Manneken-Pis, à la plus grande joie de l’assistance, on s’en doute. Lors de certaines fêtes, d’autres confréries accompagnées parfois de fanfares et de « géants » assistent à la cérémonie. Au-delà des réjouissances locales, la popularité dont jouit le petit bonhomme irrévérencieux est internationale, en témoigne les copies et imitations à travers le monde : ainsi Manneken-Pis a un double à Kobe, un à Osaka, un autre en Espagne et un à Colmar. A l’occasion de Mode Design Brussels 2006, un Manneken-Pis vert fluo de presque 4 m de haut a été installé à la gare de Lille. Aux abords de la Grand Place, on peut s’offrir une reproduction du petit garçon en chocolat, en plâtre ou en fonte. De nombreux produits dérivés existent aussi : par exemple une eau de toilette (« Le Pipi de Bruxelles ») créée en 2001 ou encore une bière dont l’étiquette à l’effigie du Manneken-Pis a fait polémique en Pennsylvanie il y a une dizaine d’années. Le Petit Julien est une source sûre d’inspiration : en 1949, Maurice Chevalier lui consacra une chanson dont il existe une version en flamand. Une autre chanson exprimant la joie de Manneken-Pis et des Bruxellois relative au départ des Sans-Culottes de 1793, fut retrouvée dans les Archives de l’Hôtel de Ville de Bruxelles : ceci témoigne de la fascination intemporelle que provoque le petit bourgeois. Il fut aussi, à plusieurs reprises, la figure centrale des revues du théâtre « Les Folies Bergères » aujourd’hui disparues. Le cinéma s’est également emparé de l’icône belge : en 1913 fut réalisé Saïda a enlevé Manneken-Pis par le cinéaste Alfred Machin, un court métrage belge burlesque et patoisant. Frank Van Passel a réalisé en 1994 un film au titre évocateur : Le P’tit Pisseur à Hollywood et plus récemment Manneken-Pis se fait enlever par des extraterrestres dans le court-métrage en 3D D’amour et d’eau fraîche (conçu par cinq étudiants de Montbéliard, sorti en janvier 2006). Figure emblématique de Bruxelles et plus largement de la Belgique, l’avenir du petit bonhomme est déjà assuré… Il lui faudra cependant prévoir de la place pour ses nombreux futurs costumes !…

Permalien 01.03.10 13:43:29, par didier Email , 2115 mots, Catégories: Bruxelles - Ma ville, Manneken Pis , 19 commentaires »Envoyer un trackaback »

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